Miscellanées

 

 

«  Miscellanées »: j'aime bien ce terme qui vous pose en société .

Vous savez bien entendu que cela signifie mélanges , propos qui se suivent sur différents sujets etc.

Mais cela fait très classe d'utiliser ce vocabulaire qui ne sent point le manant , n'est-ce pas ?

Je me trouvais à Carhaix hier pour assister au passage du Tour de France dans cette ville troa-

déquienne ; comme il avait accueilli Ferrand en grandes pompes ( ne s'appelle-t-il pas Troadec ? )

quelque temps auparavant , que Ferrand symbolise le jacobinisme , donc la prétention française ,

il était tout émoustillé de se trouver aux premières loges pour applaudir ceux qui, ce jour-là , re-

présentaient tellement bien la France , cette maîtresse tantôt attirante tantôt repoussante .

Et , pour garder l'équilibre , il a fait distribuer en grand nombre des gwenn ha du au public , no-

tamment aux enfants . Personnellement , je préfère leur offrir des bonbons , si vous voyez ce que

je veux dire , mais à chacun ses petites perversions …

Ce passage du Tour de France est quand même impressionnant ; je m'étais positionné rue de l'Ab-

batoir où se trouve une côte que je connais bien , et voir ces coureurs la grimper à leur manière de

très grands spécialistes , à quelques centimètres les uns des autres , en changeant de braquet quasi-

ment au même moment est quelque chose d'assez grandiose . Et la caravane publicitaire ! Des vé-

hicules élaborés comme des châteaux forts , avec une imagination débordante …

Il y avait même deux voitures de gendarmerie ( ! ) , largement applaudies , pour vanter les mérites

de ceux qui vont vous emmerder sur les routes et vous matraquer la gueule . Vive la France !

Après le passage du Tour , je me suis encanaillé avec quelques carhaisiens , et j'ai partagé avec

l'un d'entre eux une cannette de Monster , une boisson énergisante comme le Red Bull .

Je ne connaissais pas ce Monster , mais je peux vous dire que c'est assez redoutable et , de toute

évidence , à utiliser avec précaution . Après avoir bu cette boisson , j'ai bien fait 25 kilomètres

à vélo sous un soleil encore cuisant , sur une route dont je connais bien les endroits difficiles,

et j'avais l'impression d'avoir des ailes au cul si vous me passer cette expression triviale .

Mais qui nous change de miscellanées .

Entendu sur France Inter ce matin : «  Cohn-Bendit a tellement léché le cul de Macron qu'il n'y a

plus besoin de papier cul à l'Elysée . »

J'adore .

J'ai découvert une pensée que j'aime bien de Yvon Ollivier, bien connu dans le milieu culturel bre-

ton  et tiré de son livre «  Plaidoyer pour nos communautés »: «  Notre problème n'est pas le sys-

tème jacobin . Notre problème est en nous . Il ne tient qu'à notre incroyable propension à accepter

l'inacceptable , comme si , en tant que vieux peuple dominé , nous avions fini par incorporer le

gène de la soumission . » Je suis entièrement d'accord avec son point de vue qui résume bien ,

à mon avis , ce syndrome de victimisation si je puis l'appeler ainsi qui atteint beaucoup de Bretons :

il est toujours plus facile d'imputer aux autres nos propres avanies …

Enfin : à l'usage de Roger . J'ai eu hier également une longue discussion avec Yannick Quenehervé

( Quel beau nom ! Pas tout à fait aussi classe que le mien , mais pas mal quand même ) sur dif-

rentes choses , notamment le livre Histoire de l'UDB , 50 ans de luttes . Nous avons évoqué Ronan

Leprohon , Galv, ces fameuses affiches jaunes avec textes en noir … A ce propos, je lui ai rapporté

la magnifique réplique de Ronan Leprohan ( que j'avais eu comme professeur à Brest en 1972-1974 )

à un étudiant qui avait parlé de «  monter à Paris » . Leprohon avait répliqué : «  On ne monte pas

à Paris , monsieur : on y descend : géographiquement et moralement ! »

Du grand art !

Bonne fin de semaine à vous , et excellentes réjouissances . Que notre fête nationale vous réchauffe

le cœur et que la France , que nous chérissons tellement , écrase dimanche ces métèques de Croates !

Prof De Guermont